Carnet d'une parenthèse d'hiver
Par Charlotte Schoeters · · 5 min de lecture
Mars à Essaouira : assez chaud le jour pour pratiquer en t-shirt sur le toit, assez frais la nuit pour dormir sous une couverture, et assez venteux toute la semaine pour emporter tout ce que vous aviez apporté. Voici les notes écrites le dernier matin.
Mars, c'est la raison pour laquelle nous avons choisi mars. Vers midi, le soleil est assez chaud pour s'asseoir en t-shirt sur le toit, et pour de vrai. La saison touristique n'a pas encore commencé : la médina est calme, les rues appartiennent à ceux qui y vivent. C'est la version d'Essaouira qui mérite d'être connue. Et le vent, lui, n'a rien perdu de sa vigueur.
Voilà trois ans de suite que je reviens à cette période. Pas pour une retraite de yoga, simplement pour être là. Voici les notes écrites le dernier matin, avant de rentrer à Anvers.
Arrivée
J'ai atterri à Marrakech et pris directement un taxi pour Essaouira, environ deux heures et demie à travers la plaine, la lumière changeant à mesure qu'on approche de la côte. Je suis arrivée tard. Une marmite de harira attendait sur le feu. J'ai mangé seule dans la cuisine à minuit, le riad entièrement silencieux autour de moi. Le sommeil est venu vite, sans effort : c'est ce que fait cet endroit.
Le vent
L'alizé souffle du nord sur l'Atlantique presque toute l'année, mais en mars il a quelque chose de particulier : fort et régulier, chargé de juste assez de sel et d'air froid pour vous garder bien éveillé. Le jour, le soleil compense largement. On pratique sur le toit dans la chaleur, le vent qui tire sur les vêtements, l'océan visible entre les terrasses. Le soir, quand le soleil descend, on enfile une couche de plus et on se félicite de l'avoir emportée.
Les nuits sont fraîches, vraiment fraîches, pas seulement un peu moins chaudes. On dort sous une vraie couverture. C'est, il se trouve, exactement la condition qu'il faut pour bien dormir, et ce n'est pas toujours quelque chose qu'on peut organiser chez soi.
La pratique
Nous pratiquions sur le toit, abrités par un paravent improvisé avec de vieilles couvertures berbères. À la fin de la semaine, le tapis était plein de sable. Nous étions trois : deux enseignants, un tout petit groupe. Aucun horaire fixe, hormis la pratique du matin et les repas. Pour le reste, nous improvisions.
Le yoga hors saison n'a pas la même texture que celui d'une retraite. Pas de participants à accompagner, pas de séquence préparée à l'avance. La pratique suit la journée au lieu de la diriger. Nous commencions plus tard, quand le soleil atteignait la terrasse. Nous restions dans les flexions avant plus longtemps qu'aucun planning de cours ne le permettrait. Un matin, nous avons pratiqué deux heures sans l'avoir prévu.
Ce qui a changé
Moins que je ne l'imaginais. Plus que je ne saurais le dire. Après une semaine de pratique quotidienne sans horaire, le corps retrouve le tapis autrement : il arrive plus vite, il se pose plus profondément. L'esprit fait quelque chose de semblable. Le bruit de la vie ordinaire met plus de temps à revenir, et quand il revient, il sonne un peu différemment : moins pressant, plus facultatif.
Le retour
J'ai atterri à Bruxelles pour trouver une boîte mail débordante, une canalisation éclatée dans la cuisine et quatre messages vocaux de ma mère. La canalisation a été réparée dans l'heure. La boîte mail m'a pris quatre jours. Ma mère et moi avons parlé longtemps au téléphone, ce que nous n'avions pas vraiment fait depuis des mois.
C'est aussi à cela que sert une semaine ailleurs.
Mars est l'un des meilleurs mois pour découvrir Essaouira : journées chaudes, rues calmes, vols moins chers. Vous pensez à une retraite privée ou sur mesure en dehors de la haute saison ? Écrivez-moi : charlotte@yogavibe.eu.